Éliminer les frontières et briser les cloisonnements : leçons tirées d'un échange de succession agricole entre le Royaume-Uni et le Canada

La planification successorale dans les exploitations familiales est souvent décrite comme complexe, émotionnelle et sensible. Mais le plus dangereux est peut-être celui-ci : isolé . Ce thème est ressorti haut et fort lors d’une récente discussion internationale organisée par la Succession Alliance, où un groupe de coachs successoraux britanniques a rencontré les expertes canadiennes Elaine Froese et Lydia Carpenter pour partager leurs idées, leurs défis et leurs approches de ce travail profondément humain.

Le groupe britannique comprenait Michael Mack, Amy Fry, Jo Speed, Peter Craven, Christine Malseed, Matt Swain et Becky Miles, des praticiens aux parcours divers mais partageant un engagement commun à aider les familles d’agriculteurs à traverser le changement générationnel.

La réunion n'était pas conçue comme une présentation, mais comme un dialogue – une exploration ouverte de ce qui fonctionne, de ce qui freine et de ce que nous pourrions améliorer. Au fil des échanges, une évidence est apparue : nous ne sommes pas aussi différents qu'on pourrait le croire.

Dans les deux pays, les mêmes problèmes clés ont fait surface :

1. Peur et évitement

Les familles retardent souvent les discussions sur la succession par peur : de contrarier la génération actuelle, de l’échec ou de rouvrir des blessures émotionnelles. Mais comme l’a souligné un participant, « le conflit n’est pas le problème. L’éviter l’est. »

2. Le fossé professionnel

Les exploitations agricoles manquent souvent des structures formelles – telles que des réunions familiales régulières, des descriptions de poste et des cadres décisionnels – qui sont la norme dans d'autres entreprises. Sans elles, la planification de la succession devient rapidement informelle, floue et fragile.

3. Identité et héritage

La succession ne se résume pas à la terre ou au leadership. C'est une question d'identité. Qui suis-je si je me retire ? Qui sera considéré comme le successeur ? Comment honorer le passé tout en préparant l'avenir ?

La séance a également mis en lumière les effets de ce travail collaboratif. Elaine et Lydia ont partagé leurs réflexions sur leur travail auprès de familles d'agriculteurs partout au Canada : des témoignages de familles en difficulté, des avancées et des stratégies inspirées de nombreuses expériences britanniques.

Surtout, ils ont proposé des réflexions sur le rôle des facilitateurs. Lydia nous a rappelé que « maintenir l'espace n'est pas un travail passif » ; cela exige structure, clarté et intelligence émotionnelle. Elaine, quant à elle, a souligné l'importance d'aider les familles à développer leur courage face aux conversations difficiles.

Il ne s'agit pas seulement d'une liste d'outils ou de conseils, mais d'une prise de conscience plus profonde de la nécessité de sortir le travail de succession de l'ombre. Cela implique de le rendre plus visible, mieux soutenu et plus connecté.

Pour l'Alliance Succession, ce fut un rappel opportun de notre raison d'être. Nous sommes là pour apprendre les uns des autres, remettre en question les idées reçues et améliorer le soutien apporté aux familles d'agriculteurs britanniques.