Pour de nombreux agriculteurs britanniques, quitter l'exploitation familiale ne signifie pas seulement prendre sa retraite : c'est aussi abandonner un mode de vie qui les définit. Planifier sa succession peut être source de stress, d'incertitude et de difficultés émotionnelles, surtout pour les pères qui ont passé des décennies au cœur de l'exploitation. Comprendre ces défis et s'y préparer est essentiel pour une transition en douceur, non seulement pour l'avenir de l'exploitation, mais aussi pour le bien-être de toutes les personnes impliquées.
Au Royaume-Uni, les agriculteurs prennent leur retraite plus tard que la plupart des autres professions. Selon une étude du Syndicat national des agriculteurs (NFU), l'âge moyen d'un agriculteur britannique est d'environ 59 ans, et beaucoup continuent de travailler jusqu'à 70 ans. Ce retard s'explique souvent par le lien étroit que les agriculteurs entretiennent avec leur travail, combiné à des pressions financières et à un manque de planification successorale claire. Une étude de 2023 menée par l'Université d'Exeter a révélé que seulement 36 % des agriculteurs britanniques disposent d'un plan de succession formel. Pour beaucoup, l'idée de partir est trop intimidante, ce qui engendre procrastination et tensions familiales.
Pour les pères, la ferme est plus qu'une entreprise : c'est leur identité. S'éloigner peut donner l'impression de perdre son sens. Un agriculteur, « John », âgé de 72 ans, a partagé son expérience : « J'avais passé plus de 50 ans à la ferme. Passer le relais à mon fils me semblait la bonne solution, mais je me demandais ce que j'allais faire ensuite. Soudain, on n'avait plus besoin de moi pour les décisions quotidiennes. Je me sentais un peu perdu. » Cette perte d'identité est fréquente. Les agriculteurs décrivent souvent le sentiment d'être « mis à l'écart » ou sous-estimés lorsque leur rôle change. Sans projet clair pour la vie après la ferme, cette transition peut conduire à l'isolement, à la dépression, voire à des relations familiales tendues.
La famille de John a très tôt reconnu ses difficultés. Sa fille lui a suggéré de trouver de nouveaux projets pour rester impliqué, tandis que son fils a insisté sur l'importance de ses conseils. Ensemble, ils ont élaboré un plan :
Aujourd’hui, John dit qu’il se sent « utile et valorisé », à la ferme comme à l’extérieur.
Si vous êtes confronté à une planification successorale, voici quelques conseils pour faciliter le processus :